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La santé
«définir un nouveau modèle, fondé sur une conception économique, sociale et démocratique»
François Hollande était en déplacement sur le thème de la santé jeudi 2 février. Après s'être rendu à l'hôpital Robert Debré et à l'institut de la vision, le candidat socialiste à l'élection présidentielle a clôturé la journée par un discours à la faculté de médecine des Saint Pères à Paris dans le cadre du forum «La santé est notre avenir».
Le reportage de la journée

La santé fait partie du pacte républicain... par francoishollande
François Hollande a insisté sur «l'enjeu majeur qu'est la santé» dans son discours à la faculté de médecine, parce que «la maladie peut frapper chacun de nous indistinctement» et «que notre système de santé publique doit être irréprochable».

François Hollande à Paris le 2 Février 2012 par francoishollande

Renoncement d'une véritable politique de santé publique
François Hollande s'est inquiété du «renoncement à une véritable politique de santé publique», depuis plusieurs années, avec «la multiplication des déremboursements, des franchises médicales, l’agrandissement des déserts médicaux – pas seulement en milieu médical -, le malaise hospitalier – que j’ai encore rencontré cet après-midi –, les scandales sanitaires – comme celui, tout récemment, du Médiator».
Le candidat socialiste a déclaré qu'une politique de santé reposait sur quatre valeurs : «La santé comme progrès. La santé comme condition de la justice. La santé comme vecteur de croissance. La santé comme enjeu démocratique».
La santé est une marque de progrès «grâce aux avancées de la recherche médicale, nous savons désormais mieux prendre en charge certaines maladies».
Une deuxième valeur, qui est l’égalité. Depuis que la protection sociale est là, depuis que la recherche médicale a permis des progrès, il y a toujours eu ce principe que chacun pouvait accéder aux soins quel que soit son statut social, quel que soit son niveau de revenus, quelle que soit sa place sur le territoire. Et, pour autant nous constatons que des disparités demeurent. Disparités selon les lieux de naissance ou de vie, (...) disparités et injustices liées aux métiers, aux carrières, (...) injustices selon les revenus.
La santé comme facteur de croissance : «la santé est un puissant moteur de développement économique», a rappelé François Hollande avec «il y a près de 2 millions d’emplois publics/privés qui sont liés à la santé». La démocratie : «la confiance dans le système de santé appelle une participation plus grande de nos concitoyens». Cela vaut pour la gouvernance des politiques de santé publique. Cela vaut aussi pour la reconnaissance des professionnels et des familles en tant qu’acteurs. Admettre que les patients puissent aussi dire leur mot, a indiqué le candidat socialiste.
Inégalités se sont aggravées depuis 5 ans
«Les étudiants, les personnes âgées, les familles sont confrontés à l’augmentation du coût de la santé restant à leur charge. Et la taxe qui vient d’être votée sur les mutuelles va encore aggraver cette situation». A peine 55 % du montant des soins courants sont remboursés par la Sécurité sociale, a indiqué François Hollande. «Le résultat, hélas, est sans appel : 1 Français sur 4 renonce désormais à se soigner pour des raisons économiques et financières, ou retarde ses soins», a-t-il conclu.
>> Découvrez notre infographie sur le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de santé
Les propositions de François Hollande sur la santé
François Hollande propose un changement de politique qui passe par trois orientations : mieux prévenir, mieux guérir et mieux garantir.
Le candidat socialiste tient à réaffirmer des priorités de santé publique, avec le plan Alzheimer et le plan Cancer qui seront reconduits.
Au-delà de la prévention, nous devons concentrer nos politiques en direction de certaines populations. C’est la raison pour laquelle dans le plan de création de 60 000 postes sur cinq ans, François Hollande s'est engagé à en affecter une partie significative vers la prévention et la médecine scolaire.
Les fondements d’une politique de santé publique pour l’enfant et l’adolescent seront posés. Elle traitera notamment de l’obésité avec la mise en place d'une conférence sur l’alimentation, réunissant tous les acteurs concernés : de la production (les agriculteurs) jusqu’à la distribution alimentaire. Les consommateurs, les responsables de la santé publique et les élus locaux y seront associés.
Pour les personnes âgées en perte d’autonomie, François Hollande propose de permettre à tous ceux qui le souhaitent de rester à leur domicile. «C’est ce qui coûte le moins cher et c’est ce qui permet de prendre en compte la dignité et la vie de la personne jusqu’au bout», en réorganisant également dans chaque territoire le système de soins autour de la personne en perte d’autonomie.
En matière de santé mentale, je veux aussi mettre un terme à la déserrance que subit ce secteur. Je proposerai donc, à l’issue d’une large concertation, une véritable loi sur la santé mentale, qui visera à garantir l’accessibilité du système de soins en santé mentale, à renforcer le dépistage, les capacités en établissement et le suivi en ville.
Dans les prisons, François Hollande initiera un plan santé dans les lieux d’incarcération.
Le soutien à la recherche en matière de santé environnementale sera assumé et renforcé.
Rétablir le service public hospitalier :
  • en mettant fin au principe de convergence tarifaire entre le public et le privé,
  • en réformant le parcours et les carrières des jeunes chercheurs,
  • un nouveau pacte social négocié à l’hôpital, qui prenne en compte la promotion sociale, les conditions de travail et les contraintes liées aux nouvelles organisations territoriales,
  • l’hôpital mieux coordonné avec le secteur médico-social et la médecine de ville avec une nécessité que l’hôpital s’appuie davantage sur le médecin de ville lorsque les patients ont quitté ses murs,
  • mieux organiser la médecine de proximité, une offre de soins de proximité doit être garantie,
  • en changeant le modèle universitaire actuel est trop centré sur le système hospitalier,
  • une approche territorialisée de la santé. C’est à partir des lieux de vie que doit se faire la coordination du parcours de santé et de soins du patient. Aucun territoire de santé ne doit être à plus de 30 minutes d’un centre permettant une prise en charge de l’urgence,
  • les installations nouvelles de médecins en secteur 2 doivent être limitées dans les zones surdenses – ce sera l’objet d’une négociation
  • les modes de rémunération doivent évoluer. Des adaptations sont déjà intervenues. La part de la rémunération forfaitaire doit selon moi s’accroître pour prendre en compte la prévention, la valorisation de la qualité, ainsi que la proximité.


Renforcer les droits des patients à travers une loi qui permettra d’écrire les droits collectifs auxquels les patients peuvent légitimement accéder.
Et enfin l’encadrement des dépassements d’honoraires par spécialité et par région.


Nouveau modèle
«Nous devons définir un nouveau modèle, fondé sur une conception économique, sociale, démocratique de la santé. (...) Ces engagements, je les prends devant vous. Je les prends pour les Français. Je les prends pour l’avenir de notre système de santé, parce que la santé fait partie du pacte républicain, du pacte démocratique et du pacte social», a conclu François Hollande.