Le mauvais procès fait aux contrats aidés.

Le gouvernement veut donner un coup d’arrêt brutal aux contrats aidés et conteste l’efficacité de cet outil. Une critique injuste et infondée.
Haro sur les contrats aidés. La ministre du Travail Muriel Pénicaud a ouvert les hostilités le 9 août dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Sans s’embarrasser de nuances : « Les études de la Dares, de l’OCDE, comme celles de la Cour des comptes, montrent trois choses. Premièrement, les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation. Deuxièmement, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage. Troisièmement, ils ne sont pas un tremplin pour l’insertion professionnelle. »!
Quelques jours plus tard, le Premier ministre Edouard Philippe est lui aussi monté au créneau : « Si les emplois aidés avaient été un instrument efficace de lutte durable contre le chômage, ça se serait vu ».
Selon des informations publiées par différents médias, le gouvernement veut limiter à 110 000 le nombre de contrats aidés qui seraient financés au second semestre 2017, une baisse de 40 % par rapport à l’enveloppe qui a été accordée en début d’année et une division par deux comparé à ce qui avait été consenti au second semestre 2016. Plus aucun contrat ne serait financé dans le secteur marchand, c’est-à-dire à destination des entreprises. Dans le secteur non-marchand (l’Etat, les collectivités locales et les associations), les contrats restant seraient ciblés en priorité sur l’Education nationale, l’outre-mer et le secteur sanitaire et social.
Un tel tour de vis est un coup dur pour les associations et risque de fragiliser de nombreux services publics.
Surtout, ce coup de frein aura des conséquences sociales potentiellement dramatiques pour les bénéficiaires de ces emplois subventionnés, qui essayent tant bien que mal de reprendre pied sur le marché du travail. Car les contrats aidés ont incontestablement une utilité.
Bien sûr, ils ne sont pas exempts de tout défaut, mais les sources dont on dispose soulignent toutes leurs effets globalement positifs.
Socialement utiles:
C’est à la fin des années 1990 et au début des années 2000 que le nombre de contrats aidés a atteint des sommets La fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy se traduit par une baisse importante du nombre de contrats aidés, alors même que la courbe du chômage continue son ascension
Un outil de lutte à court terme contre le chômage
En 2015, les 60 000 contrats aidés supplémentaires ont permis une création nette d’environ 21 000 emplois, explique la Dares Dans le secteur non marchand, « financer un contrat aidé permet de créer un emploi supplémentaire », note la Dares.
Les emplois d’avenir ont bénéficié à 79 % à des jeunes peu ou pas diplômés
53 % des emplois d’avenir sont des contrats longs
« Les emplois d’avenir sont la formule la plus aboutie des contrats aidés », juge la DGEFP dans une note interne non publique Les exonérations de cotisations sociales ou le CICE coûtent bien plus cher!